LA QUESTION DE LA FIN DE VIE

La fin de vie a également été débattue lors des Etats généraux de la bioéthique, qui ont mis au jour les profondes divisions sur le sujet entre partisans d’une évolution radicale et défenseurs du statu quo; même s’il est fort probable que la question fasse l’objet d’un texte à part.

La dernière loi sur le sujet, appelée Claeys-Leonetti (2016), prévoit entre autres un «droit à la sédation profonde et continue», autrement dit le droit d’être endormi définitivement pour les individus dont le pronostic vital est engagé à court terme.

Partisans et opposants de l’euthanasie s’accordent sur un même constat : s’il fallait donner plus de droits dans la fin de vie, cela impliquerait d’autoriser l’euthanasie ou le suicide assisté.

L’euthanasie reste une question qui fait appel aux convictions éthiques et religieuses de chacun. La souffrance d’une personne gravement malade, handicapée ou accidentée, sans espoir de rémission, justifie-t-elle de mettre fin délibérément à sa vie?

Intervention de la philosophe Corinne Pelluchon, spécialiste de la question de la fin de vie / Espace Ethique

Les opposants les plus actifs se trouvent du côté des croyants. Les trois grandes religions monothéistes y sont hostiles, l’assimilant à un homicide.

Les militants de l’euthanasie se trouvent chez des associations comme l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, présidée par Jean-Luc Romero. Il a publié en avril une «Lettre ouverte à Brigitte Macron» où il déplore que «la France ne propose que le laisser mourir… de faim et de soif».

En avril, le Conseil économique, social et environnemental (Cese), assemblée consultative, s’était prononcé pour la «sédation profonde explicitement létale», donc dans les faits pour l’euthanasie…